CHAPITRE 1 : Le macrophage, qui est-il et que fait-il ?

Le macrophage est une cellule immunitaire d’origine myéloïde présente dans tous les organes.

Véritable sentinelle, il participe à de nombreux processus physiologiques, tels que la défense anti-microbienne, la cicatrisation et l’homéostasie tissulaire (élimination des cellules mortes).

Afin d’assurer toutes ces fonctions, le macrophage peut acquérir, au cours de son existence, différents profils adaptés à la nature du travail qu’il doit réaliser. Cette capacité à modifier son phénotype en fonction de son environnement s’appelle plasticité fonctionnelle.

ORIGINE du macrophage

Les cellules immunitaires (globules blancs) sont générées dans la moelle osseuse à partir de précurseurs qui vont générer la lignée lymphoïde et la lignée myéloïde.

Les précurseurs des macrophages sont les monocytes, qui circulent dans les vaisseaux sanguins. Lors d’une agression (ou d’une altération du tissu) ou pour assurer un nombre suffisant de macrophages dans le tissu, les monocytes reçoivent un signal de migration vers les tissus. Ce processus induit la différenciation du monocyte en macrophage dont le phénotype sera déterminé par la nature des signaux reçus localement et adapté aux besoins du tissu.

Les propriétés physiologiques des macrophages : l’efferocytose

Alors que l’activité antimicrobienne est souvent spontanément associée aux cellules immunitaires, elle ne représente en fait qu’une partie des fonctions qu’elles assurent quotidiennement. L’activité de phagocytose des macrophages est ainsi mobilisée pour éliminer les cellules qui meurent en permanence dans les tissus, évènement qui est estimé à 50 à 70 milliards par jour.

Ce processus, appelé efferocytose, est finement contrôlé pour permettre une élimination immunologiquement silencieuse des cellules mortes (pas d’inflammation et absence d’activation des leucocytes pour éviter une réponse dirigée contre des éléments du soi).

 

Les propriétés physiologiques des macrophages : la réparation tissulaire

Les macrophages jouent un rôle central dans le processus de cicatrisation et participent à toutes les étapes de la réparation tissulaire.

Lors de la phase initiale, ils éliminent les cellules mortes, protègent le tissu lésé des infections microbiennes et régulent la réaction inflammatoire.

Lors de la phase de réparation (formation du tissu cicatriciel), les macrophages produisent des médiateurs pro-angiogéniques et des facteurs de croissance épithéliale, nécessaires pour réparer le tissu lésé. Les macrophages sont également impliqués dans la phase de restauration d’un tissu fonctionnel, notamment par la résorption du tissu cicatriciel.

Les propriétés physiologiques des macrophages : l’activité microbicide

Les macrophages sont des sentinelles équipées de récepteurs capables de détecter les microbes. Ils peuvent détruire les microbes internalisés dans les phagolysosomes ou extracellulaires à l’aide d’un large arsenal de médiateurs microbicides (radicaux libres, enzymes, peptides microbiens).

Les macrophages acquièrent, suite à la détection des microbes, un phénotype inflammatoire qui se caractérise par la production de médiateurs solubles (cytokines, chimiokines) impliqués dans le recrutement et l’activation des leucocytes sur le site de l’infection.

Finalement, les macrophages sont des cellules capables de présenter des antigènes aux lymphocytes T, supports de l’immunité adaptive. Le macrophage joue donc un rôle d’interface entre immunité innée et immunité acquise et participe au maintien de la mémoire immunitaire.